Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 16:59

http://www.liberation.fr/terre/0101265732-la-deuxieme-guerre-froide

De plus en plus de voix s’élèvent pour nous inciter à garder notre sang-froid face au réchauffement climatique. Les prédictions pessimistes, nous dit-on, doivent être situées dans leur contexte et nuancées. Certes, le réchauffement climatique va accentuer les conflits pour la conquête des ressources naturelles, provoquer des crues côtières, des destructions infrastructurelles liées à la fonte du permafrost, tout cela accompagné de violences ethniques, de troubles sociaux et du règne de gangs locaux. Mais nous devrions garder à l’esprit que les trésors cachés d’un nouveau continent seront dévoilés, ses ressources nous deviendront accessibles, sa terre habitable. Les cargos auront la possibilité d’emprunter directement la route du nord et réduiront d’autant leur consommation de fuel et leurs émissions de carbone… Le milieu des affaires et les puissances publiques cherchent déjà de nouveaux débouchés économiques qui ne relèvent pas seulement de l’«industrie verte» mais plus simplement de l’exploitation de la nature permise par un tel changement climatique.

 

 

 

Le 2 août 2007, une équipe russe a planté une capsule de titane renfermant un drapeau russe sous la calotte glaciaire, directement à la verticale du pôle Nord. Le but avoué était de se réserver les énormes réserves énergétiques de l’Arctique. Les revendications russes sont, on s’en doute, contestées par quatre autres pays qui ont des frontières territoriales avec la région arctique : les Etats-Unis, le Canada, la Norvège et le Danemark (grâce à sa souveraineté sur le Groënland).

Un changement social et psychologique extraordinaire est en marche, sous nos yeux, analogue à celui décrit il y a un siècle par le philosophe Henri Bergson à propos de la déclaration de la Première Guerre mondiale. Chacun savait bien, avant le mois d’août 1914, que la guerre était inévitable : les signes avant-coureurs ne manquaient pas depuis des décennies. Pourtant personne ne pouvait vraiment croire que cela arriverait. Du jour au lendemain toutefois, chacun en Europe l’a acceptée comme quelque chose attendu depuis longtemps, sans faire d’histoires… Une fois que la catastrophe a lieu, elle est «renormalisée» c’est-à-dire perçue comme un événement relevant du cours normal des choses. Un événement n’est perçu comme possible qu’une fois arrivé réellement. L’écart rendant un tel paradoxe possible est précisément celui qui sépare le savoir de la croyance : bien que nous sachions la catastrophe (écologique en l’occurrence) possible, probable même, on n’y croit pas tant qu’elle n’est pas arrivée.

Ce même passage direct de l’impossibilité à la normalisation est à l’œuvre dans la manière dont les puissances publiques et le grand capital s’accommodent aujourd’hui des menaces écologiques en général et de la fonte des glaces polaires en particulier. Les mêmes politiciens et les mêmes managers, qui assimilaient les menaces du réchauffement à un catastrophisme apocalyptique d’inspiration ex-communiste, considèrent tout d’un coup le réchauffement climatique comme un fait et l’intègrent comme un élément parmi d’autres du «cours naturel des événements»… En juillet, CNN diffusait un reportage sur le «Groënland vert» en faisant l’éloge des débouchés nouveaux que la fonte des glaces ouvrait à ses habitants. L’obscénité de ce reportage ne tenait pas seulement au fait qu’il soit consacré aux bénéfices mineurs induits par une catastrophe mondiale majeure. Pour ajouter l’insulte à la blessure, il jouait sur le double sens du mot «vert» qui désigne à la fois la végétation et le souci écologique, de sorte que la nouvelle fertilité du sol groenlandais due au réchauffement climatique est associée à l’essor de la conscience écologique.

De tels phénomènes ne viennent-ils pas confirmer les analyses de Naomi Klein qui, dans la Stratégie du choc, la montée d’un capitalisme du désastre, décrivait comment le capitalisme mondialisé utilise les catastrophes (guerres, crises politiques, catastrophes naturelles) pour se débarrasser des «archaïsmes» sociaux et imposer ses objectifs à partir de situations de détresse ? Les désastres écologiques à venir, loin d’affaiblir le capitalisme, vont sans doute constituer son ressort le plus efficace.

Il faut bien évidemment se saisir des occasions offertes par le réchauffement climatique mondial. Mais n’oublions pas que nous avons affaire là à une catastrophe naturelle et sociale d’une ampleur sans commune mesure. Ces occasions ne sont que les effets secondaires d’une catastrophe qu’il est dans notre devoir de combattre par tous les moyens. Adopter une «position nuancée» revient à adopter la position de ceux qui se faisaient les avocats d’une «approche nuancée» à propos de Hitler : il est vrai que des millions de personnes sont mortes dans les camps, mais n’oublions pas qu’il s’est également débarrassé de l’inflation et du chômage, qu’il a construit des autoroutes et que, grâce à lui, les trains partaient à l’heure…

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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 11:57

Vingt universités autonomes dès le 1er janvier prochain

http://www.premier-ministre.gouv.fr/chantiers/enseignement_superieur_845/vingt_universites_autonomes_1er_61581.html

Les vingt universités qui deviendront autonomes le 1er janvier 2009 bénéficieront d’un budget global de 1,9 milliard d’euros, et assureront "la gestion de près de 32 000 emplois", a déclaré Valérie Pécresse le 6 novembre.

En vertu de la loi sur les responsabilités et les libertés des universités d’août 2007, ces universités disposeront de compétences élargies et devront gérer leur propre budget.

"Le passage à l’autonomie sera un véritable tournant ; il représente un transfert sans précédent", a insisté Valérie Pécresse. Concrètement, dès le 1er janvier prochain, les vingt premières universités sélectionnées* bénéficieront de compétences élargies :

-  un budget global qui inclura la gestion des emplois, ce qui représente 1,9 milliard d’euros, et la gestion de près de 32 000 emplois ; cela multipliera par 2,5, voire par 3 les budgets de ces universités ;

-  et d’une pleine gestion des ressources humaines et de la masse salariale.

Le ministère a aussi prévu un plan de formation triennal de 1 million d’euros pour former présidents d’université et personnels d’encadrement.
Ce plan de formation des agents, qui a débuté dès janvier 2008, porte sur l’ensemble des aspects de management et de gestion ; 500 agents en ont déjà bénéficié, et plus de 1 500 personnels en bénéficieront au final.

Par ailleurs, 721 emplois ont été requalifiés pour accroître l’encadrement. Les universités qui passent à l’autonomie ont bénéficié d’une subvention exceptionnelle de 250 000 euros :
-  pour financer les formations des personnels ou l’appel à des cabinets extérieurs de conseil ;
-  pour conduire une politique indemnitaire envers les personnels investis dans le passage à l’autonomie.

* Aix-Marseille II, Cergy-Pontoise, Clermont-Ferrand I, Corte, La Rochelle, Limoges, Lyon I, Marne-la-Vallée, Montpellier I, Mulhouse, Nancy I, Paris V, VI, VII, Saint-Etienne, Strasbourg I, II,III, Toulouse I, Troyes.

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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 09:26

Barack Obama : un nouvel espoir pour le supérieur

http://www.educpros.fr/detail-article/h/d08d82cf3e/a/barack-obama-un-nouvel-espoir-pour-le-superieur.html

« Yes, we can ! ». Une fois élu, quelle politique Barack Obama va-t-il proposer pour le secteur de l’enseignement supérieur aux USA ? Dans tous les cas, les relations de son pays avec les universités du reste du monde devraient prendre un nouveau cap, après huit ans sous la mandature de G. W. Bush. Dans la communauté éducative américaine en France, les premières réactions à l’élection du nouveau président noir laissent entrevoir les changements à venir. Echanges académiques, prêts aux étudiants, frais d’inscription… Autant de dossiers sur lesquels il s’est déjà exprimé pendant la campagne.

Le milieu éducatif américain en France n’a pas échappé au vent d’espoir suscité par l’élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis. « On est plus optimiste, cela peut vraiment être bénéfique pour nous », estime ainsi Danny Rukavina, trésorier et responsable des affaires culturelles de la Schiller International University (Paris). En écho de l’autre côté de l’Atlantique, Pascal Delisle, attaché culturel à l’ambassade de France aux Etats-Unis ne dit pas le contraire : « Le visage de l’Amérique est plus accueillant, même symboliquement ».  

La culture américaine reprend des couleurs

Au-delà de cet enthousiasme, comment Obama va-t-il faire bouger les lignes, selon eux ? « Cela devrait redonner un engouement pour la culture américaine, un peu perdu pendant les huit années Bush. Dans les universités étrangères qui offraient des programmes sur la culture et la civilisation américaine, les inscriptions étaient en forte baisse », souligne Danny Rukavina (Schiller International University à Paris). Pour Arnaud Roujou de Boubée, directeur de la commission franco-américaine, qui attribue les fameuses « bourses Fulbright », les travaux de recherche devraient même être dynamisés. « Notre article 1 nous fixe pour mission de faciliter les échanges pour développer la compréhension mutuelle entre nos deux pays. Quand il y a une élection aussi historique, cela réactive très fortement l’intérêt pour les Etats-Unis. Dans les mois et années qui viennent, des chercheurs vont vouloir s’intéresser à ces questions. Pourquoi la France s’est-elle autant intéressée à cette élection, par exemple ? », souligne-t-il.  

Echanges d’étudiants : l’espoir de frontières plus ouvertes

Outre l’attrait pour la culture américaine, qu’en est-il des échanges d’étudiants ? « Pour les étudiants internationaux, la destination américaine, toujours très prisée, devrait se renforcer», estime Arnaud Roujou de Boubée. « Lorsqu’on écoute les discours de Barack Obama, qui affirme que son pays doit s’ouvrir au dialogue, on peut imaginer que cela va passer par les échanges. L’importance des budgets de « public diplomacy » sous la mandature de George W. Bush était liée à la détérioration de l’image des Etats-Unis à l’étranger. Ce besoin de présenter les Etats-Unis sous un visage positif devrait être moindre sous la présidence Obama ». Stéphane Greppo, directeur administratif de l’university of Chicago à Paris va dans le même sens. « De façon générale, l’élection d’Obama ne peut être que positive sur l’ouverture des Etats-Unis et les échanges d’étudiants. Elle va même renforcer notre prestige puisque Barack Obama a été professeur de droit dans notre université mère de 1996 à 2004 » (voir encadré).  

Les échanges devraient aussi se fluidifier grâce à un desserrement des procédures dans l’attribution des visas, mise en place en réaction au 11-Septembre. « Les Etats-Unis sont encore à un niveau d’accueil des étudiants internationaux inférieur à celui de 2003 (environ un million d’étudiants internationaux). Sous la deuxième mandature Bush, un assouplissement avait été décidé. A partir d’avril 2008, les visas étaient plus largement accordés par exemple aux diplômés de sciences, technologie, ingéniérie et mathématiques. Il existe en effet une grande inquiétude aux Etats-Unis sur le renouvellement des scientifiques américains », explique Pascal Delisle, également ancien directeur du centre américain de Sciences Po Paris.

« J’ai bon espoir d’un assouplissement et d’un contrôle plus raisonné. Beaucoup de choses ont été votées sur ce sujet mais il est possible de prendre des mesures symboliques, en annonçant par exemple que le nombre de visas pour les étudiants et les émigrés qualifiés va augmenter », espère  Danny Rukavina. Barack Obama devrait par ailleurs soutenir l’initiative du Paul Simon Act, passé devant la chambre basse du Congrès, pour créer des fonds finançant la mobilité des américains à l’étranger, au-delà des 180 000 à 200 000 départs par an actuellement. Les deux partis l’ont soutenue.

Une promesse de démocratisation de l’accès aux études supérieures

La recherche a été affichée comme priorité par le sénateur de l’Illinois pendant la campagne, davantage comme un corollaire de la compétitivité économique du pays. « Ce n’est que dans le dernier débat de campagne que les candidats démocrate et républicain ont réellement parlé des questions touchant à l’enseignement supérieur », raconte Pascal Delisle.

Dans la marmite des différentes propositions du démocrate, la plus claire est sans doute celle qui concerne le coût des études supérieures aux Etats-Unis, avec en perspective l’élargissement de l’accès à l’université pour le plus grand nombre. Obama a en effet estimé que les coûts des universités publiques étaient prohibitifs, même pour les classes moyennes. Il a proposé de rendre l’enseignement supérieur gratuit pour tous ceux qui seraient prêts à donner deux années pour la « coopération » ou l’armée. Parmi ses promesses de campagne, il propose de faire passer le plafond de la bourse fédérale Pell de 4000 à 5000 $. Les familles pourraient aussi bénéficier d’un crédit d’impôt – American Opportunity Tax Credit – couvrant les deux tiers des frais d’inscription d’une université publique moyenne, en échange de 100 heures consacrées par l’étudiant à des travaux d’intérêt général.

Les prêts étudiants chahutés par la crise

Autre sujet qui touche au portefeuille, évoqué lors de la campagne, la question des prêts étudiants. « Obama et McCain étaient tous deux favorables au développement du système des prêts de l’Etat fédéral aux étudiants », explique Pascal Delisle. Qu’ils s’agissent des prêts disposant d’un meilleur taux d’intérêt et d’un mode de remboursement plus avantageux, ou des prêts simplement garantis par l’Etat américain, l’ensemble devrait être remis à plat sous la présidence Obama. « La crise a gravement touché ce système. Des prêts « directs » de l’Etat ont été mis en place, entre le printemps et l’automne 2008, pour éviter la catastrophe. 20 % des étudiants risquaient de voir leur demande de prêt refusée », raconte Pascal Delisle. La crise s’est ainsi invitée dans l’enseignement supérieur, Barack Obama ne pourra pas l’éviter. Rendez-vous le 20 janvier 2009.    

Obama : l’American dream par l’université

Par son parcours universitaire, Barack Obama incarne l’American dream. Après une enfance et une adolescence passées à Hawaï et en Indonésie, il passe deux ans au College occidental de Californie, avant d’entrer à l’université Columbia de New York pour en sortir diplômé de sciences politiques et de relations internationales. Après un début de carrière à Chicago comme analyste d’affaires, il décide de passer quelques années comme animateur social dans un quartier déshérité de cette ville. Les études le rattrapent en 1987. Il étudie le droit pendant trois ans à Harvard près de Boston. Il travaille ensuite comme professeur de droit constitutionnel à l’université de Chicago avant de devenir sénateur de l’Illinois en 2005. Son passé universitaire lui sert aujourd’hui. Nombre de ses conseillers sont des universitaires, comme le prix Nobel d’économie, Jim Heckman, qui l’inspire dans le domaine de l’éducation. Un de ses anciens collègues de l’université de Chicago tient même un blog-journal de campagne (avec L’Express) en français. On y trouve les corrections d’Obama aux examens de ses étudiants, dans lesquels Bernard Hamburger Harcourt, le fameux collègue de Chicago, décèle « un esprit d’analyse méticuleux et un acharnement intellectuel ». Ces qualités sont peut-être celles qui ont fait gagner la maison Blanche au 44ème président des Etats-Unis. 

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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 09:22

http://www.cyberpresse.ca/le-droit/actualites-regionales/200811/05/01-36620-des-etudiants-manifestent-pour-un-gel-des-droits-de-scolarite-en-ontario.php

Environ mille étudiants universitaires, du collégial et du secondaire ont manifesté, pour exiger du gouvernement de Dalton McGuinty un gel des frais de scolarité, jeudi, dans le centre-ville d'Ottawa.

La manifestation a débuté par une marche dans les rues du centre-ville, vers 10h, pour atteindre son point culminant en face du Monument des droits de la personne, à l'intersection de la rue Elgin et de l'avenue Laurier.

«Il y a beaucoup de jeunes qui n'ont pas accès à une grande carrière parce que les frais de scolarité sont élevés et qu'ils n'arrêtent pas de grimper, lance le vice-président de l'Association étudiante de l'Université Carleton, Erik Halliwell. Il en coûte, par année, 5 000 $ à un étudiant en ingénierie, 8 000 $ pour un étudiant en études internationales et 16 000 $ pour les étudiants étrangers.»

M. Halliwell assure que les associations étudiantes ne lâcheront pas le morceau et garderont la pression sur le gouvernement ontarien jusqu'au moment où ils auront gain de cause.

 

Selon ce dernier, il n'est pas normal que les frais de scolarité en Ontario soient plus élevés que la moyenne canadienne.

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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 09:18

Lancement de "la Manu", agence de lien entre étudiants et entreprises

Le 06/11/2008 à 19:50 | © AFP
http://www.daily-bourse.fr/news.php?news=AFP081106184653.8w4i1o33

"La Manu", une agence destinée à "fabriquer" des liens entre étudiants et entreprises, pour favoriser l'insertion professionnelle, a été lancée jeudi à Paris, selon un communiqué.

Présentée comme une "agence indépendante", "la Manu" a pour but d'informer les étudiants et de mettre en relation étudiants, entreprises, collectivités, universités et associations, alors que les universités sont désormais en charge de l'insertion professionnelle de leurs étudiants.

Ses outils seront une campagne annuelle d'informations, un site internet lancé jeudi (www.la-manu.fr), une "fan page" sur Facebook, un magazine qui sera "largement diffusé auprès des étudiants" et permettra "de faire découvrir les perspectives, les secteurs d'activité, les entreprises et les métiers, à travers les témoignages de professionnels issus de l'université".

En outre, "la Manu" organisera des "rencontres" régulières sur les campus, constituera des réseaux et aura un laboratoire d'idées "sur les politiques d'intégration des jeunes générations".

Ses fondateurs sont Julie Coudry, ancienne présidente de la Confédération étudiante, et Laurent Bérail, ancien syndicaliste. Elle est soutenue par les pouvoirs publics, des entreprises et des collectivités locales.


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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 18:35

Les facs préparent -elles à un métier ?

PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DE MERITENS
31/10/2008 | Mise à jour : 14:22 |

« L'université n'est plus un ascenseur social, mais un réducteur d'ambitions », déplore Alain Renaut. « Il faut affirmer le lien entre formation et inser tion professionnelle », répond Valérie Pécresse.

Le Figaro Magazine Où en est-on, un an après le vote de la loi sur l'autonomie des universités ?

Valérie Pécresse Le 1er janvier 2009, 20 universités, soit une université sur quatre, deviendront pleinement autonomes, avec davantage de liberté comme de responsabilités. Elle seront dans une culture du résultat, et financées en partie à la performance.

Alain Renaut Beaucoup d'interrogations se posent désormais sur la gouvernance de ces universités autonomes. D'une part, le nou veau mode d'élection des présidents, plus politique, a instauré des relations entre majorités et minorités qu'il faudra réguler. D'autre part, la question demeure de la finalité des universités : la tradition française consiste à ouvrir les universités à tous les détenteurs du baccalauréat, et à parier que l'on peut faire des 500 000 étudiants qui arrivent chaque année les détenteurs de compétences leur permettant de trouver des lieux d'insertion satisfaisants. Beau, mais difficile, pari, et dans des universités autonomes il va dépendre aussi des responsables locaux de réfléchir aux conditions permettant de le tenir.

Valérie Pécresse Détenir les compétences, c'est tout le débat. Si le pari de la démocratisation est réussi nous accueillons près d'un jeune sur deux dans l'enseignement supérieur nous observons une nouvelle discrimination avec l'échec en fin de première année, c'est pourquoi nous proposons un nouveau contenu de la licence, un premier cycle en trois ans qui donnera les savoirs mais aussi les compétences pour les utiliser. Il ne suffit pas d'avoir de bons professeurs et de bons cours, encore faut-il avoir la méthodologie. Beaucoup de moyens sont engagés à cet effet, avec notamment des cours qui permettront aux étudiants de consolider les acquis de la terminale et de réussir le cursus universitaire avec ce qu'il faut de tutorat.

Alain Renaut Oui, mais pour quoi faire exactement ? L'enseignement supérieur français est scindé en deux secteurs. L'université et les écoles. Le premier secteur est massif, non sélectif, non directement professionnalisant, quasiment gratuit. Le second secteur est ouvertement sélectif, fortement payant, avec un objectif professionnalisant. Qui plus est, se développent de plus en plus de petites écoles dont nous ne sommes pas sûrs de la qualité mais qui ont un grand pouvoir d'attraction du fait de leur forte fonction professionnalisante. Dans cette configuration, quelles fonctions remplit réellement notre université ?

Valérie Pécresse La solution ne peut se trouver que dans un rapprochement des deux systèmes en les tirant chacun vers le haut. Le problème de l'université est l'encadrement pédagogique, c'est-à-dire l'accompagnement des étudiants individuellement vers leur chemin de réussite. La professionnalisation, quant à elle, est souvent mal comprise par les universitaires qui ont tendance à faire l'amalgame avec la licence professionnelle, alors que dans une économie de services, de tourisme, de communication, de culture, elle est avant tout une qualité de formation globale, pluridisciplinaire, avec stages, réflexions sur le projet professionnel et langues étrangères. Certains cursus universitaires sont hyper-spécialisés dès la première année, avec pour seul débouché le professorat, ce qui est un non-sens dès lors que, pour 180 000 élèves dans chaque filière de lettres et sciences humaines, vous n'avez grosso modo que 18 000 postes par an. Les métiers de l'enseignement et de la recherche ne peuvent être le seul débouché au million et demi d'étudiants de l'université ! J'ai eu des dialogues compliqués avec certains d'entre eux à qui je parlais de visibilité internationale, de partenariat avec le monde économique. Ils me répondaient : « Non, la seule chose que vous puissiez faire pour nous est d'augmenter le nombre de places au Capes. » Que, par rapport aux écoles, l'université se soit réfugiée dans ce qu'elle a de mieux, c'est-à-dire la qualité académique de ses professeurs et de ses chercheurs, soit ! Mais elle ne peut pas la donner en modèle unique. C'est une illusion dangereuse qu'on ne saurait entretenir plus longtemps.

Alain Renaut 58 % des bacheliers entrent dans les universités, mais la moitié échoue après un an. Du coup, l'institution ne remplit-elle pas une fonction tout autre que celle qu'elle affiche ? Sa fonction réelle ne consiste-t-elle pas à réduire les ambitions sociales des étudiants, en leur faisant accepter ces échecs et les statuts sociaux modestes qui vont avec ? Non pas un ascenseur social, mais un réducteur social d'ambitions...

Valérie Pécresse Nous avons besoin d'eux, économiquement, socialement. Il faut les former, parfois en changeant l'orientation de ceux qui, en réalité, ne souhaitent pas aller en université. L'an dernier, nous avons mis en place un portail « admission postbac », grâce auquel les élèves de terminale transmettaient par internet leur choix par ordre de préférence : grandes écoles, IUT, BTS, université. L'université n'est jamais le premier choix, sauf pour ceux qui ont vocation à être médecins ou juristes. Le plus frappant est l'échec massif des bacheliers technologiques ou professionnels à l'université. Nous devons donc travailler avec les milieux économiques à faire des premiers cycles radicalement professionnalisants pour éviter à ces jeunes de se retrouver dans des filières générales dans lesquelles ils ont 95 % de risques d'échouer. Dès lors qu'ils sont motivés, il faut laisser les passerelles ouvertes : les étudiants ont besoin d'un vrai diplôme de licence, de BTS ou d'IUT, avec un passage dans le monde du travail qui leur fasse découvrir ce que c'est. Ensuite, un retour éventuel dans une filière longue, un master en deux ans qui leur donne un « plus » professionnel. Il faut donner de l'oxygène partout. Et surtout affirmer le lien entre formation et insertion professionnelle.

Alain Renaut La diabolisation des entreprises domine encore la conscience des universitaires et des étudiants. L'autonomie a été perçue de façon fantasmatique, comme si l'université était livrée pieds et poings liés au « marché ». C'est absurde, mais il faut en tenir compte pour mesurer les abîmes entre une politique et le lieu où elle doit produire ses effets. Pour que nos étudiants soient mieux accueillis dans le monde économique, il faudrait que les compétences acquises soient plus déchiffrables. Je fais cette expérience, tous les ans, d'étudiants qui me disent qu'un master de philo sophie politique ou d'éthique, par exemple, laisse per plexe les entreprises qui ne voient pas bien comment utiliser ceux qui le détiennent. Eviter ce type de situation requiert d'instiller, à titre optionnel, un certain nombre d'ajouts dans les formations qui permettront aux recruteurs privés ou publics de constater qu'ils ont affaire à des porteurs de connaissances opérationnelles. Cela requiert aussi de convaincre les enseignants que la qualité des compétences n'en sera pas dévaluée, mais deviendra lisible pour le monde extérieur. Par ailleurs, pour que ces formations soient plus efficaces, le temps n'est-il pas venu de mieux différencier licence et master, en instaurant à l'entrée de celui-ci une sélection claire ? C'était envisagé en 2007, dans le projet de loi, cela a dû être abandonné. Je le regrette.

Valérie Pécresse Il fallait d'abord rénover et renforcer la licence. Les étudiants nous ont dit assez légitimement : « Tant que les licences ne sont pas un vrai diplôme qualifiant qui ouvre des perspectives d'insertion professionnelle, nous empêcher d'entrer automatiquement dans des filières plus longues, c'est nous priver d'un avenir. » La réforme de la licence vient d'entrer en vigueur. Il est donc temps de construire un diplôme de master sur deux ans en gérant les flux à l'entrée. Si l'on se met à faire vraiment du haut de gamme au niveau du master, en s'appuyant sur la qualité du corps enseignant, il est clair que les universités tireront fort bien leur épingle du jeu face aux diplômes des grandes écoles.

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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /Sep /2008 18:03

Université: Pécresse annonce la création d'une prime au mérite de 200 euros par mois

AP | 18.09.2008 | 10:42

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20080918.FAP6357/universite_pecresse_annonce_la_creation_dune_prime_au_m.html

L
a ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a annoncé jeudi la création d'une prime au mérite de 200 euros par mois pour les étudiants en licence ayant obtenu une mention très bien au bac et dont les parents ne seraient pas imposables. Cette prime ne se substituera pas aux bourses, a-t-elle précisé sur France Info.

Faisant part de sa volonté de récompenser "les étudiants méritants", la ministre dit avoir "décidé que les bacheliers mention très bien dont les parents ne sont pas imposables à l'impôt sur le revenu toucheraient, en plus de leur bourse, 200 euros par mois de 'bourse au mérite' durant toute leur licence".

"Dans notre système universitaire, il y a une forme de sélection par l'échec: un étudiant sur deux va échouer avant la fin de l'année universitaire et ce taux, nous ne l'acceptons pas", a souligné Mme Pécresse qui a souhaité "une transition beaucoup plus accompagnée entre le lycée et la première année d'université", cela afin de "lutter contre le phénomène d'échec".

"Parce que les étudiants étaient livrés à eux-mêmes pour cette orientation, nous avons mis en place un logiciel de préinscription qui a permis de connaître les choix des étudiants et qui a permis aux universitaires de répondre à ces choix", a-t-elle rappelé. "Je souhaite que ce portail admission post-bac qui a été testé dans 12 académies cette année soit généralisé l'année prochaine (...) pour que tous les lycéens puissent avoir un contact direct avec tous les universités, les écoles, les BTS et les IUT, pour savoir s'ils ont le niveau".

Le gouvernement va investir 730 millions d'euros dans la lutte contre l'échec en premier cycle afin de le diviser par deux d'ici 2012, selon Mme Pécresse, qui a également annoncé le recrutement de 2.250 doctorants comme moniteurs pour superviser les travaux dirigés (TD) et l'encadrement pédagogique.

Interrogée sur le non-renouvellement des départs à la retraite prévus pour 2009, Mme Pécresse assure qu'ils "seront marginaux puisqu'ils ne représenteront que moins de 1% des effectifs de (son) ministère et ils ne concerneront pas les enseignants chercheurs", a-t-elle assuré. "Nous donnerons aux universités des postes supplémentaires d'encadrement pour qu'elles puissent faire face à ce défi de l'autonomie puisqu'une université sur quatre devient autonome au 1er janvier 2009", a rappelé Valérie Pécresse. AP

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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /Sep /2008 17:58

Universités britanniques : la politique de démocratisation remise en question

http://www.educpros.fr/detail-article/h/84f1e47782/a/universites-britanniques-la-politique-de-democratisation-remise-en-question.html

En 1997, Tony Blair arrivait à la tête de l’État britannique armé du slogan « Education, education, education » et promettait que d’ici à 2010, 50 % de la classe d’âge des 18-30 ans aurait accès à l’université. Dix ans plus tard, qu’en est-il de la politique de démocratisation de l’enseignement supérieur au Royaume Uni ? Les résultats sont plus que mitigés...

Signe d'une démocratisation dans le supérieur pas si évidente, Cambridge s'apprête à afficher sa marque dans des séries populaires. Qu'en est-il réellement ? En 2007, 42,8 % des 18-30 ans étaient inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur, contre 38 % en 2000. Un chiffre qui marque une certaine progression, mais qui laisse présager peu de chances d’atteindre l’objectif des 50 % d’ici à 2010. D’autant plus que le gouvernement britannique doit faire face à l’augmentation beaucoup plus significative d’un autre taux, inquiétant, celui de l’abandon en cours de cursus. D’après un rapport du Parlement publié fin février, malgré les 800 millions de livres sterling (plus de 1 milliard d’euros) dépensés depuis 2002 pour encourager les étudiants à terminer leur cursus, près d’un quart d’entre eux abandonnent en cours de route. En 1988, le taux d’abandon s’établissait à 11 %.

Pression financière et peur de l'endettement découragent les étudiants

Plusieurs raisons sont à l’origine de cette augmentation. La pression financière et la peur de l’endettement. Depuis la rentrée 2006, les frais de scolarité ont triplé dans les universités anglaises, coûtant à chaque jeune environ 4 500 € par an. Beaucoup ont fait leur calcul et préfèrent se lancer sur le marché du travail sans diplôme supérieur certes, mais aussi sans dettes. La qualité de l’enseignement et les différences notoires entre les universités sont aussi responsables de la désertion d’un certain nombre d’étudiants.

Nouvelles universités : beaucoup plus d'abandons

Les taux d’abandon les plus élevés concernent en effet les nouvelles universités, qu’on appelle les « ex-polytechnics ». Ces dernières, qui sont devenues en 1992 des université (elles étaient en quelque sorte l’équivalent des IUT en France auparavant), ne disposent pas des mêmes moyens que les universités traditionnelles. En Grande-Bretagne, le financement des établissements dépend principalement de l’importance et de la qualité des travaux de recherche menés en leur sein. Les ex-polytechnics, novices en la matière, sont les parents pauvres de cette politique de financement. Et le résultat s’en ressent sur la qualité de l’enseignement et sur la sélection des étudiants. D’un côté, les étudiants reprochent aux enseignants de ne pas s’investir dans leur enseignement et de penser d’abord à terminer leur propre thèse. De l’autre, les enseignants se plaignent du niveau trop bas des étudiants et accusent les universités de ne pas être assez sélectives dans leurs critères d’admission.

Oxford et Cambridge peinent à démocratiser leur recrutement

À l’autre bout du spectre, dans des universités prestigieuses comme Oxford et Cambridge, le taux d’abandon reste très faible (1 % à Oxford l’année dernière). Mais, d’après les derniers résultats fournis par l’UCAS (Universities and Colleges Admission Service), ni Oxford, ni Cambridge ne parviennent à augmenter le nombre d’étudiants issus de milieux défavorisés. Au contraire, leur nombre enregistre cette année une légère régression. Pour tenter de faire face à l’écart qui se creuse entre les universités et surtout afin de diminuer le taux d’abandon, le gouvernement vient de débloquer 250 millions de livres sterling (327 millions d’euros). Mais la répartition de ces fonds entre les établissements suscite bien des remous : tandis que les ex-polytechnics vont bénéficier de la majorité de cet argent, les universités prestigieuses vont voir leur budget destiné à attirer les étudiants de milieux défavorisés réduit de manière drastique (- 44 % pour Cambridge et - 37 % pour Oxford). Ces dernières s’estiment sanctionnées par cette décision.


Une révision du système des top-up-fees est prévue par le gouvernement en 2009. Dans l'attente de ces conclusions, il apparaît que la politique de démocratisation de l’accès à l’université est loin d’atteindre les objectifs attendus. Elle semble même avoir un effet inverse et encourager un enseignement supérieur à deux vitesses. De quoi faire réfléchir les autres États européens...

Par These Few Presidents - Publié dans : Actualité globale de l'enseignement supérieur
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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /Sep /2008 21:08

http://www.oecd.org/document/41/0,3343,fr_2649_34487_41276777_1_1_1_1,00.html

L’explosion du nombre d’étudiants pose des problèmes de financement et de qualité dans les universités des pays de l’OCDE

09/09/2008 - Une nouvelle publication de l’OCDE montre que face au nombre croissant de jeunes qui poursuivent des études supérieures, les pouvoirs publics sont confrontés à des choix difficiles en matière de financement et de qualité s’ils veulent répondre de manière appropriée à la demande grandissante de diplômes.

 


En l’espace de dix ans, les taux d’admission dans le supérieur ont progressé de près de 50 % en moyenne dans l’OCDE, d’après les chiffres publiés dans l’édition 2008 de Regards sur l’éducation de l’OCDE.

 

Toutefois, si la part des budgets publics allouée à l’enseignement a également augmenté, de 11.9 % en moyenne en 1995 à 13.2 % en 2005, le financement de l’enseignement supérieur dans de nombreux pays peine à suivre la hausse des effectifs. Dans certains pays de l’OCDE, notamment en Hongrie, aux Pays-Bas et en Suède, les dépenses par étudiant (incluant les dépenses en R&D) ont de fait reculé au cours des dix dernières années, tandis qu’en Allemagne, en Belgique et en Irlande, elles ont commencé à baisser en 2000.


« Le défi auquel font désormais face les pays de l’OCDE est de répondre à la demande tout en améliorant la qualité ce qui nécessitera non seulement plus de ressources mais aussi des changements dans » la répartition de la dépense » a dit le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, lors d’une présentation de l’édition 2008 de Regards sur l’éducation.

 

Il a ajouté : « Les pays de l’OCDE doivent accroître nettement leurs ressources éducatives afin de répondre à la demande croissante d’étudiants qui veulent obtenir un diplôme supérieur et d’entreprises qui recherchent des jeunes hautement qualifiés, « l’argent seul n’y suffira pas. Les investissements dans l’enseignement devront également être beaucoup plus efficients. » (Lire toute la déclaration)

 

Chaque pays a réagi différemment au défi que pose l’enseignement supérieur. Les pays nordiques ont accepté des dépenses publiques élevées comme un investissement bénéfique pour les individus comme pour la société, tandis que d’autres, notamment l’Australie, le Canada, la Corée, les États-Unis, le Japon, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, ont augmenté les effectifs en faisant payer aux étudiants une plus grande part des coûts.

 

D’autres pays encore n’ont pas suffisamment augmenté les investissements publics dans leurs universités pour faire face à l’augmentation des effectifs, ni permis aux établissements d’imposer des droits de scolarité. Non seulement cela crée des difficultés budgétaires au niveau des établissements, mais cela risque de nuire à la qualité des programmes proposés.

 

L’édition 2008 de Regards sur l’éducation présente des indicateurs sur un large éventail de sujets intéressant les autorités. La publication passe en revue les différents acteurs ainsi que les dépenses tout comme le fonctionnement des systèmes et les résultats obtenus.

L’édition 2008 présente, entre autres, les observations suivantes :

  • En moyenne en 2006, 57 % des jeunes des pays de l’OCDE sortis de l’école se sont inscrits à   l’université, contre 37 % en 1995.

  • Dans certains pays, tels que l’Australie, la Finlande, l’Islande, la Pologne et la Suède, ils ne sont pas moins de trois sur quatre à suivre un programme universitaire.

  • Dans tous les pays de l’OCDE, les diplômés du supérieur ont en moyenne des revenus plus élevés que ceux du deuxième cycle du secondaire.

  • Dans certains pays, tels que la Nouvelle-Zélande et le Danemark, l’avantage en termes de revenus que procure un diplôme du supérieur peut être relativement faible, entre 15 et 25 %, mais dans d’autres, il est beaucoup plus important : en Hongrie par exemple, le rapport est d’environ deux contre un. Dans la plupart des pays, cet avantage continue de progresser.

  • La majorité des coûts de l’enseignement supérieur est toujours prise en charge par les dépenses publiques dans la plupart des pays de l’OCDE. En moyenne dans la zone OCDE, les  financements privés couvrent environ un quart de la facture totale mais leur part progresse.

  • Les dépenses privées moyennes dans l’enseignement supérieur ont presque triplé dans les pays de l’OCDE depuis cinq ans, alors que les dépenses publiques n’ont augmenté que de 26 %. En Australie, aux États-Unis et au Japon, la part des dépenses privées dépasse 50 % et en Corée, elle atteint 75 %.

  • Plus de 2.9 millions d’étudiants sont inscrits dans des universités hors de leur pays d’origine, soit deux fois plus qu’en 1996 et en hausse de 50 % par rapport à 2000. En Australie, près d’un étudiant sur cinq est étranger et un sur quatre en Nouvelle-Zélande.

  • Dans presque tous les pays de l’OCDE, les jeunes sont mieux formés que leurs aînés, notamment en Corée, où 97 % des 25-34 ans sont diplômés du deuxième cycle du secondaire, contre 37 % seulement des 55-64 ans. En Irlande, ils sont 82 % des 25-34 ans, contre 41 % des 55-64 ans. Aux États-Unis en revanche, les deux groupes d’âge affichent un pourcentage identique, à 87 %.

Des informations supplémentaires sur l’édition 2008 de Regards sur l’éducation, notamment des notes sur les pays suivants : le Canada, la Corée, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume Uni, la Suède et le Brésil sont disponibles à l’adresse : www.oecd.org/edu/rse2008.

Par These Few Presidents - Publié dans : Actualité globale de l'enseignement supérieur
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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /Sep /2008 20:48
http://www.educpros.fr/detail-article/h/378d594937/a/prets-etudiants-en-angleterre-un-etudiant-ayant-obtenu-son-bachelor-doit-rembourser-21-000.html

Prêts étudiants : « En Angleterre, un étudiant ayant son bachelor doit rembourser 21 000£ en moyenne »

Dix-sept ans après le flop de Lionel Jospin, Valérie Pécresse relance le prêt étudiant. Une promesse présidentielle – l’emprunt à taux zéro subventionné remboursable à partir du premier emploi - quelque peu aménagé. L’Etat s’engage à le subventionner à 70% via Oséo contre 30% pour la banque et organisme de crédit partenaires. On ne parle plus de prêt à taux zéro : Cétélem, estime un taux moyen de 4,5% et les Banques populaires, de 3,8%. Les 20 000 étudiants pressentis cette année pour emprunter un maximum de 15000 euros pendant leurs études auront dix ans pour rembourser. Outre-Manche, une politique de prêt massive a été inauguré à la fin des années 1990 parallèlement à l’augmentation des frais d’inscription. Retour sur les systèmes français et anglais avec Aurélien Casta, lauréat 2008 de l’OVE pour son mémoire sur la comparaison des bourses et prêts dans les deux pays.

En Angleterre, comment a évolué le système d’enseignement supérieur et parallèlement les aides aux étudiants ?

Si en France l’Etat a maintenu la quasi-gratuité de l’enseignement supérieur et étendu les bourses, en Angleterre la gratuité des études a été supprimée et les prêts ont remplacé les bourses. Outre-Manche, les dépenses publiques destinées à l’enseignement supérieur et aux universités ont diminué avant que dans la seconde moitié des années 1980, une politique rendant les universités plus autonomes ne soit mise en place qui les poussait à trouver de nouvelles ressources et à augmenter leurs frais d’inscription. Les conservateurs anglais, sous Margaret Thatcher et John Major, ont décidé de mettre en place des prêts étudiants progressivement et parallèlement de diminuer le montant des bourses. Jusqu’en 1997, le montant des bourses était conditionné aux ressources des étudiants et ceux-ci y avaient (dans leur grande majorité) tous droit, que ce soit pour compenser les frais d’inscription et/ou leur attribuer une allocation (Mandatory award). En 1997, la moitié des étudiants recevait encore une bourse et moins de 20% souscrivaient à un prêt public subventionné en raison de la gratuité des études encore en vigueur. Entre 1980 et 1997, le montant des bourses a été divisé par deux. Tony Blair a annoncé l’augmentation des frais d’inscription des universités en 1997 et la fin du système des bourses pour l’année 1999-2000. Les frais d’inscription s’élèvent alors à 1000£ sous conditions de ressources : un tiers des étudiants paie cette somme, un tiers en est dispensé, un tiers en paie une partie.  

Quelle est la situation des étudiants anglais aujourd’hui ?

80% des étudiants ont contracté un prêt auprès de la Student loan compagny (SLC) avec des taux d’intérêt à hauteur de l’inflation. Depuis 2006-2007, les frais d’inscription s’élèvent à 3000£ maximum pour tous les étudiants. Le montant des prêts pour frais d’inscription est de 3000£ par an et les prêts pour frais d’entretien de 4000£. Un étudiant ayant obtenu son bachelor peut donc avoir jusqu'à 21 000£ de dettes à rembourser. Les anciens étudiants doivent rembourser à partir de 15 000£ de salaire avec une échéance maximale de 25 années. Ce système de prêt a découragé certaines catégories sociales de rentrer dans l’enseignement supérieur, comme les minorités musulmanes par exemple qui considèrent l’emprunt comme contraire à leur religion. En 2004, des bourses ont été réintroduites en fonction des revenus des étudiants. Le syndicat étudiant –NUS- s’en attribue le mérite. Seuls 200 000 des 2 millions d’étudiants en bénéficient avec un plafond de 2700£.  

Comment ces réformes sont passées en Angleterre ?

Les pouvoirs publics anglais ont reconfiguré l’enseignement supérieur sur le modèle international promu aux Etats-Unis et dans les institutions internationales (Unesco, OCDE, Banque mondiale…). Ce modèle est celui de la compétition des établissements entre eux pour attirer les étudiants et les capitaux sur le territoire national, en les taxant moins et en demandant aux établissements de trouver d’autres formes de financement que des fonds publics. Les institutions internationales parient sur une meilleure réussite des étudiants en leur demandant de payer plus pour qu’ils soient davantage regardant sur l’insertion professionnelle permise par les diplômes obtenus. Il y a l’idée que les étudiants sont les moteurs de la restructuration de l’enseignement supérieur. Au Royaume-Uni, ce discours s’est très vite retrouvé dans celui de ses parlementaires, contrairement à la France. 

Quelle voie a suivie la France ?

Depuis les années 1980, deux plans sociaux étudiants ont été mis en place par les socialistes, celui de 1991 et celui de 1998. Sur trois ou quatre années, des programmes ont revalorisé le montant des bourses. Sous les gouvernements de droite, le plafond de ressources et le nombre de bénéficiaires étaient restés jusqu'à présent identiques. Toutes les revalorisations ont été remises en cause avec l’inflation. Au final, on arrive à un tiers d’étudiants boursiers dans les années 2000 (500 000) alors qu’il n’y en avait que 10% dans les années 1980. Concernant les frais d’inscription, le principe de gratuité des études a été réaffirmé dans les années 1980 par Savary. Mais dans les années 1990, des manipulations administratives ont commencé avec des frais d’inscription qui ont dépassé ceux institués par la loi en facturant des charges précises auxquelles les étudiants ont le choix de souscrire. Même si Valérie Pécresse avec la LRU a fait une remise en ordre, les frais illégaux se sont développés. Quant aux prêts d'honneur ils n’ont concerné que 4000 étudiants au maximum.

* Master 2 Sciences Sociales, Politiques du travail, de l’emploi et de la protection sociale en Europe (POTEPSE).

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